vendredi 14 décembre 2018

Une prime défiscalisée et exempte de charges sociales pour tous les salariés

Rebondissant sur les déclarations du chef de l’État, la CFE-CGC Adecco a immédiatement et très officiellement demandé à la direction de l'entreprise de se prononcer favorablement pour le versement d'une prime défiscalisée - au moins jusqu'à hauteur de 1 000 € - de 1 500 euros (comme chez Total) pour tous les salariés, d'une part, et pour la réouverture sans délai des Négociations annuelles obligatoires (NAO). 

Ce geste devra être unitaire et permettre de compenser un peu la perte de pouvoir d'achat de ces dernières années. Il convient d'en relativiser le coût pour l'entreprise si l'on prend en considération le fait qu'une prime de 1 500 euros octroyée à environ 3 400 salariés représenterait 5,1 millions d'euros alors que, pour ordre de grandeur, l'entreprise a perçu ces dernières années nettement plus de 200 millions d'euros par an de crédit d'impôt au titre du CICE.

De grandes et moins grandes entreprises se sont déjà positionnées favorablement sans attendre, ni tergiverser et ont annoncé leur décision d'attribuer une prime défiscalisée à leurs salariés, suivant en cela les préconisations des organisations syndicales patronales comme le MEDEF et la CGPME. Le moment est venu d'envoyer un signal fort à tous les salariés, sans exclusion aucune, même au prétexte de l'urgence sociale. Cette précision a son intérêt si l'on se souvient que, ces dernières années, les cadres ont trop souvent été victimes, dans une quasi-indifférence générale plutôt suspecte, il faut bien se résigner à le reconnaitre, de mesures discriminantes visant à réduire leur pouvoir d'achat au nom de grands principes dévoyés. Comme le déclarait récemment notre organisation "L’exaspération des classes moyennes est légitime. Les salariés, dont les populations de l’encadrement, expriment un sentiment de déclassement associé au constat qu’il est de plus en plus difficile de vivre du fruit de son travail. La CFE-CGC alerte depuis des années sur le mécontentement croissant des salariés confrontés à la baisse de leur pouvoir d’achat".

Pour ce qui concerne le temps de travail,  nous estimons qu'il y aurait de notre part une sorte d'incohérence à demander aujourd'hui l'ouverture d'une négociation sur le temps de travail alors même qu'est bafouée chaque jour la première et la plus élémentaire des obligations légales qui impose de rémunérer tout temps travaillé et notamment les dépassements de la durée légales. Alors, un accord sur le temps de travail, oui bien sûr et le plus tôt possible, mais d'abord et tout de suite la mesure et la traçablité du temps de travail et sa rémunération conformément à la législation en vigueur. Première étape incontournable.

Nous espérons être entendus et attendons un positionnement clair et citoyen de notre entreprise forcément consciente des difficultés rencontrées au quotidien par les salariés. Nous communiquerons bien sûr, en avant-première selon notre habitude, sur le sujet dès que nous détiendrons la moindre information concrète.

Lundi sur ce blog :
Le véritable scandale du CICE

jeudi 13 décembre 2018

Qui aujourd'hui défend réellement les cadres ?

Assurance chômage : la CFE-CGC s’oppose aux propositions patronales ciblant l’encadrement 

Modification du calcul de l’allocation à la baisse pour un salaire supérieur à deux Smic, réduction des droits pour atteindre la retraite, diminution de la contribution de l’Unedic sur les points de retraite… Lors de la quatrième séance de négociation sur l’assurance chômage, la CFE-CGC a exprimé sa vive opposition aux propositions des organisations d’employeurs qui demandent toujours plus d’efforts à l’encadrement au nom de la solidarité.

Après trois séances initiales consacrées à l’architecture du régime puis aux intermittents du spectacle, la quatrième séance de la négociation entre partenaires sociaux sur la convention d’assurance chômage voulue par le gouvernement était centrée, le 5 décembre, sur les paramètres et les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Si la réunion s’annonçait tendue, c’est peu dire que les propositions émanant des organisations d’employeurs, visant à la fois à durcir les conditions d’accès à l’assurance chômage et à réduire sensiblement les indemnisations, ont cristallisé les critiques. « Il y a là des chiffons rouges dans ce que le patronat nous a présenté, déplore Jean-François Foucard, secrétaire national et chef de file CFE-CGC de la négociation. C’est une très mauvaise idée, qui plus est dans le contexte actuel de crise du pouvoir d’achat. »
  • Baisse de l’indemnisation pour l’encadrement et révision des conditions d’accès et de versement de l’indemnité
Alors que la lettre de cadrage du gouvernement fixe notamment aux partenaires sociaux l’objectif de réaliser 1 à 1,3 milliards d’euros d’économies par an, les propositions patronales vont bien au-delà avec certaines mesures à ce stade non acceptables.

En premier lieu la baisse des droits pour les personnes ayant un salaire initial de plus de deux Smic soit près d’un plafond mensuel de la Sécurité sociale. « Alors que cette population amène 15 % des contributions uniquement sur la partie au-dessus du plafond mensuel de sécurité sociale (PMSS), et ne concerne que 8 % des allocataires, elle serait de nouveau mise à contribution au nom de l’équité chère à certains négociateurs mais payée par les populations que représente la CFE-CGC », explique Jean-François Foucard.

En deuxième lieu : le fait que l’indemnisation qui permet d’aller jusqu’au moment où l’on peut toucher sa retraite deviendrait une indemnité forfaitaire, voire majorée en lien avec le niveau moyen versé (pour mémoire : 1 200 €) et donc fortement en baisse pour les populations de l’encadrement.

En troisième lieu : une modification des règles et des moyens affectés à l’acquisition des points de retraite via un potentiel plafond.

Outre les mesures précitées, d’autres propositions sont sur la table :
- la création d’une condition supplémentaire pour pouvoir bénéficier d’une indemnité : le demandeur d'emploi devrait avoir travaillé 4 mois lors des 12 derniers mois (contre 4 mois sur les 28 derniers mois aujourd'hui). Pour le calcul de la durée d’indemnisation, celle-ci se ferait sur une période des 24 derniers mois (contre 4 mois sur les 28 derniers mois aujourd'hui), et resterait à 36 mois pour les plus de 53 ans ;
- la mensualisation du versement des allocations ;
- l’alignement du rythme de versement des indemnités chômage sur celui de l’acquisition des droits. Il s’agirait de moduler les indemnités versées à un demandeur d’emploi en fonction de l’intensité de travail : les personnes cumulant courtes périodes de chômage et d’emploi verraient ainsi leurs indemnités diminuée et étalées sur une plus longue période.
  • La CFE-CGC et la défense d’un système assurantiel
Dans le cadre de cette négociation qui se tient dans des délais très contraints et devant théoriquement aboutir fin-janvier, la CFE-CGC reste ferme sur ses principes : « Nous défendons un système assurantiel où la base de contribution est la même que celle du calcul de l’allocation, tout en gardant une égalité de traitement entre les différentes populations », résume Jean-François Foucard.

La CFE-CGC réitère par ailleurs qu’une possible dégressivité des allocations chômage pour les cadres constitue une ligne rouge absolue, rappelant que ce sont les cotisations assises sur les salaires des cadres et de l’encadrement qui permettent de verser des allocations à ceux qui n'ont pas de travail, et donc de préserver un haut niveau de solidarité intercatégorielle. 

mercredi 12 décembre 2018

Urgence sociale : des mesures insuffisantes alors qu’il faut un changement de cap sur les salaires et la fiscalité

Réaction de la CFE-CGC aux premières mesures annoncées le 10 décembre par le président de la République face à la crise dite des « gilets jaunes ».

Après avoir longuement reçu, à l’Élysée, les partenaires sociaux et les représentants des élus nationaux et locaux, le président de la République a annoncé plusieurs mesures visant à répondre « à l’état d’urgence économique et sociale » qui agite le pays. S’il semble avoir saisi le malaise d’un corps social malade, la CFE-CGC attend des réponses beaucoup plus ambitieuses pour traiter en profondeur les problèmes structurels liés aux salaires et à la fiscalité.

Si l’augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) subie cette année va être annulée pour une frange significative de retraités en 2019, aucun cap n’est en revanche fixé en matière de négociation salariale pour les salariés du privé et concernant le dégel du point d’indice pour les agents de la fonction publique. Pour la CFE-CGC, l’exécutif ne peut pas se contenter d’un simple appel au volontariat invitant les entreprises qui le peuvent à verser une prime de fin d'année.

La CFE-CGC regrette également l’absence de propositions pour traiter la question cruciale du partage de la valeur ajoutée et de l’indispensable meilleure répartition, en faveur des salariés, des richesses créées dans les entreprises.

Concernant la hausse, via divers subterfuges, du smic, la CFE-CGC exprime de grands doutes puisque celle-ci ne sera financée que par les seuls contribuables.

La lutte contre le fléau de l’évasion fiscale est plus que jamais nécessaire. Il est temps que le gouvernement attaque ce chantier. La CFE-CGC déplore cependant l’absence de volonté d’allégement de la pression fiscale pesant sur les salariés de l’encadrement.

La CFE-CGC en appelle par ailleurs au redéploiement des aides fiscales accordées aux entreprises, à l’image de la gabegie financière insupportable, sans contrepartie ni contrôle de la part de l’État, que constitue le CICE (20 milliards d'euros de crédits d’impôt, par an, pour la compétitivité et l’emploi).

Partage de la valeur ajoutée, négociation salariale dans l’entreprise, crise du logement : dans cet échange que le gouvernement semble enfin vouloir ouvrir avec les corps intermédiaires, la CFE-CGC continuera de faire valoir ses propositions. Et ainsi remédier à l’injustice sociale flagrante en lien avec l’enrichissement toujours plus conséquent des grandes entreprises et des actionnaires, au détriment des salariés et de leur pouvoir d’achat. 

jeudi 6 décembre 2018

Adecco reprend 51% de l'allemand LOGworks

Contrairement à ce que certains discours alarmistes pourraient suggérer, le groupe Adecco va bien, très bien même et poursuit ses acquisitions en fonction des opportunités. Il vient de reprendre la majorité de l'entreprise allemande LOGworks, active dans le recrutement pour le secteur de la logistique. La prise de participation est de 51% mais on ne connait pas encore le montant de la transaction.

Dans le même temps, Adeccco a conclu un partenariat avec LGI Logistics Group, qui était auparavant l'unique propriétaire de LOGworks. Cette dernière, basée dans le Bade-Wurtemberg en Allemagne, devient une co-entreprise, appelée à croître. Pour la plupart des quelque 500 employés, il n'y aura aucun changement, précise un communiqué de presse. On sait malheureusement ce que valent ces promesses dans les une à deux années qui suivent les rachats. Les autorités allemandes anti-cartels ont encore à se prononce sur la validité de la transaction.  

Le dernier coup de cœur remonte au mois d'avril dernier durant lequel le groupe Adecco s'était offert, pour la coquette somme de 412,5 millions de dollars, le spécialiste américain de la formation continue General Assembly, spécialisé dans des domaines tels que la programmation informatique, la data science ou encore le marketing digital, dans le but de "créer des synergies, notamment avec son propre pôle de formation, en particulier sa filiale Lee Hecht Harrison, qui accompagne les entreprises et les organisations dans leurs projets de transformation".

La croissance externe se poursuit donc à marche forcée grâce, en grande partie, aux résultats d'Adecco France, principal contributeur du groupe, et par conséquent grâce à l'investissement et au talent de tous ses salariés. Évident, certes, mais il est des évidences qui méritent d'être régulièrement répétées.

mercredi 5 décembre 2018

Compte personnel de formation (CPF) : précisions sur l'alimentation et les formations éligibles

Montants, formations éligibles, conditions de mobilisation… Plusieurs décrets viennent définir les modalités d’alimentation du Compte personnel de formation. Explications.

Les premiers projets de décrets de mise en oeuvre de la loi du 5 septembre 2018 ont été examinés par le Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (CNEFOP). Ils définissent le montant et les modalités d’alimentation du Compte personnel de formation, ainsi que les formations éligibles au CPF.

  • Montant et modalités d’alimentation
Le projet de décret confirme les montants annoncés de 500 € par année de travail dans la limite d’un plafond de 5 000 € et de 800 € plafonnés à 8 000 € pour les salariés les moins qualifiés (niveau infra V) et les travailleurs handicapés. Cette alimentation vaut pour tous les salariés de droit commun ayant effectué une durée de travail supérieure ou égale à la moitié de la durée légale ou conventionnelle. Pour les salariés dont la durée de travail est inférieure à la moitié de la durée légale ou conventionnelle, l’alimentation est proratisée selon le temps de travail effectué.

Pour les salariés dont la rémunération n’est pas établie en fonction d’un horaire de travail, le calcul des droits s’effectue en divisant la rémunération annuelle brute par 2080 SMIC horaire et en multipliant le résultat obtenu par 500. Si la rémunération annuelle brute est supérieure ou égale à 2080 SMIC horaire, l’alimentation se fait à hauteur de 500 €/an.

Le CPF des travailleurs indépendants qui ont exercé leur activité durant une année entière est alimenté à hauteur de 500 €/an. Pour les autres, c’est au prorata du temps d’exercice. L’alimentation des comptes intervient au 30 avril de l’année suivante.

Pour la CFE-CGC, la monétisation du CPF entraîne une inégalité des droits suivant les branches professionnelles. De plus, les niveaux d’alimentation et les plafonds sont sous-dimensionnés par rapport au coût des formations. Sans accord d’abondement en entreprise ou dans les branches, une diminution importante de son utilisation par les actifs est à prévoir.

  • Les formations éligibles au CPF
Les projets de décrets listent les formations éligibles au CPF. Il s’agit notamment :
- du bilan de compétences, qui peut être effectué dans le cadre du conseil en évolution professionnelle (CEP) ; le titulaire du CPF est informé de cette possibilité via le site dématérialisé dédié au CPF ;
- des formations pour les créateurs et repreneurs d’entreprises dans le projet de création ou reprise d’entreprise ;
- du permis de conduire pour les véhicules légers et lourds.

À noter : l’organisme de formation peut refuser les formations pour les créateurs ou repreneurs d’entreprise s’il juge le projet peu viable ou s’il ne correspond pas à son champ de compétences. L’éligibilité du permis se fait, elle, sous condition. Il doit contribuer à la réalisation d’un projet professionnel ou à sa sécurisation. Le titulaire ne doit pas faire l’objet d’une suspension ou d’une interdiction de le passer. L’auto-école doit être agréée et avoir procédé à la déclaration en tant qu’organisme de formation.

  • Conditions de mobilisation du CPF
Pour la mobilisation du CPF durant tout ou partie du temps de travail, le salarié doit demander une autorisation d’absence à son employeur. La demande doit être effectuée au minimum 60 jours avant le début de la formation si celle-ci est inférieure à 6 mois ; et 120 jours avant la formation si celle-ci est d’au moins 6 mois. L’employeur dispose de 30 jours, après réception de la demande, pour donner sa réponse. En cas d’absence de réponse dans les délais, cela vaut acceptation.

Source : site confédéral CFE-CGC

mardi 4 décembre 2018

Notre PDG au Comité central d'entreprise ce matin

Certains élus attendaient avec impatience la venue de notre PDG à la réunion du CCE d'aujourd'hui, espérant peut-être encore, contre toute attente raisonnable, recueillir des informations inédites, une vision à moyen terme, des moyens innovants, une volonté de redonner du sens aux salariés qui s'esquintent à longueur d'année à assurer la meilleure prestation possible. Eh bien, rêveurs et utopistes invétérés et chroniques en seront pour leurs frais. La montagne accoucha, non même d'une souris mais d'un souriceau malingre. Il ne fut question ce matin que d'intelligence artificielle, de dématérialisation, d'Aloha, d'applications mobiles, de chatbots, de structures, de tribus, d'alternance. Bref, rien que du conventionnel et même du convenu...

Notre président semblait intarissable lorsqu'il déroulait à haut débit son discours bien rodé sur les vertus de l'intérim 3.0 alors que, dans le réseau, dans la vraie vie, grandissent le mécontentement et même la colère. A ce sujet, d'ailleurs, nous attendons toujours le retour sur la dernière enquête GPTW. Visiblement pressé d'en finir avec cet exercice scabreux, notre président débita, quasiment sans reprendre son souffle, tout ce qu'il avait prévu de dire, empêchant de fait toute intervention ou question de la part des élus. L'intervention semblait bien préparée et bien calibrée.

Puis, après son intervention, les élus CFE-CGC, comme à leur habitude, intervinrent à de multiples reprises, prouvant ainsi qu'il n'y a aucune raison de subir en silence sans réagir. C'est notre rôle de prendre la parole et nous la prenons, que cela plaise ou non. Et comme l'on dit dans les noces américaines, que ceux qui ont quelque chose à dire s'expriment maintenant ou se taisent à jamais.

Au final, pour les vrais salariés, de chair et d'os, non dématérialisés, notre président ne semble pas avoir grand chose à proposer. Sur l'affligeante politique ou plutôt absence de politique salariale gelant les fixes pour la onzième année consécutive - à l'exception de la hausse égalitaire et donc inéquitable de 30 euros il y a deux ans - , désespérément rien. Sur l'incroyable montée de la précarité dans les effectifs, avec un taux de CDD passé en quelques années de 10% à 35% : rien qu'une timide constatation sans la moindre justification. Et d'ailleurs, combien reste-t-il de ces CDD aujourd'hui ? Pas un mot non plus sur la multiplication des ruptures conventionnelles, les mobilités forcées et les pressions insensées, les signatures d'avenant extorquées, toutes mesures et attitudes se concluant à plus ou moins court terme par le départ du salarié.

Pas plus d'information sur la dimension du réseau et l'effectif de permanents à trois ou cinq ans. Pour un peu et avec beaucoup de naïveté, plus ou moins feinte - c'est souvent confortable la naïveté - ou sous l'empire de substances interdites, on finirait presque par se laisser bercer par la belle histoire d'une évolution full web de notre métier sans aucun impact sur les effectifs. 

Plus que jamais, les cadres et l'encadrement savent pouvoir compter sur nous, notre parole libre, nos interventions et actions dans l'intérêt de tous. D'ailleurs, l'information libre, plus que jamais, c'est ici.

lundi 3 décembre 2018

La galère quotidienne du cadre chez Onsite

Cadres et non cadres sont de plus en plus pressurés quelle que soit leur affectation : Onsite, Middle-Office, Solutions, PME..., même si nous prenons le parti d'évoquer davantage le sort des cadres puisque telle est la vocation de notre syndicat catégoriel.


Le cadre Onsite doit impérativement être, au choix, un mouton à cinq pattes, un homme-orchestre ou l'une des déesses hindoues aux bras multiples. Comme en agence et même pire, il subit une pression continue sur de multiples indicateurs et certains en arrivent d'ailleurs à parler de "harcèlement statistique". Pris en étau, il doit répondre à la double contrainte d'une relation client exigeante et de tous les instants et des impératifs de sa fonction chez Adecco, jusqu'à parfois presque en oublier lequel est véritablement son employeur.
 
Bien souvent, il a beau être cadre, il demeure désespérément seul, appuyé dans le meilleur des cas par un alternant plein de bonne volonté ou un bout de CDD dans de rares cas mais qui ne suffit évidemment pas à répondre aux exigences de la situation et du client. Comme les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées, c'est tout bénéfice pour l'entreprise et le cadre Onsite a fait sien, bien malgré lui, le slogan "travailler plus pour gagner moins !". Il travaille aux limites de ses forces et résistance nerveuse avant de se démettre, épuisé et souvent écœuré.

Travaillant seul ou presque, il n'a bien entendu personne pour le remplacer et redoute de ce fait le moindre imprévu, la grippe ou tout pépin de santé. Même les congés deviennent parfois problématiques.Tout cela est précaire, provisoire et tenu à bout de bras mais qui s'en inquiète vraiment ? Inutile de préciser que pour les nouveaux entrants, la période d'intégration est réduite à sa plus simple expression et qu'il convient de s'adapter et de percuter vite, d'autant que, ni le client, ni les budgets "ambitieux" n'attendront.

A ces cadres souvent isolés, peu ou pas accompagnés, se démenant au mieux pour remplir leur fonction, il est demandé toujours plus alors que le salaire reste lamentablement en berne. La conclusion des dernières négociations annuelles obligatoires (NAO) constitue en elle-même un véritable scandale et nous reviendrons prochainement sur le sujet. D'ailleurs, le turn-over et la faible attractivité du poste en disent long sur ses exigences sans pour autant que la direction ne semble s'inquiéter de la situation et œuvrer pour l'améliorer. A ces contraintes s'ajoute la menace permanente d'une mobilité imposée.

Rester isolé, c'est se contraindre à subir jusqu'à épuisement et inéluctable sortie. C'est ce qu'il se passe dans 100% des cas. Mais il n'y a pas de fatalité, rejoignez la CFE-CGC, le syndicat des cadres et de l'encadrement.

mercredi 28 novembre 2018

Les budgets 2019 seront-ils réalistes ?

La grande inquiétude légitime du moment pour les salariés porte sur la fixation d'un budget qu'ils espèrent réalistes, c'est-à-dire atteignable. Nous réitérons notre question du 12 octobre dernier : "Les budgets 2019 vont-ils tenir compte de la crise qui vient ?". La question est loin d'être anodine si l'on observe qu'aujourd'hui sur certaines zones et même Directions opérationnelles, une majorité d'agences n'atteint pas son budget 2028, ce qui revient à dire, en excluant évidemment l'argument accusatoire d'incompétence, qu'ils étaient surévalués et par conséquent déraisonnables. CQFD

Selon certaines sources d'information et bien que rien ne soit officiellement figé, des agences devraient se voir imposer des budgets en décalage complet avec la conjoncture présente et convenablement prévisible. D'autres évoquent un budget à l'identique de 2018 quel qu'ait été son niveau d'atteinte. Le raisonnement est pernicieux car en imaginant une budget atteint à 90% en 2018, son maintien en 2019 signifierait l'exigence d'une progression de 10%, ce qui, compte tenu de la conjoncture, parait parfaitement utopique, sauf exceptions. Le 12 octobre, nous écrivions :"Pour 2019, la question se pose de savoir si le Direction prendra en compte les signaux d'alerte sur l'économie qui se multiplient jour après jour. Ce sont d'ailleurs beaucoup plus que des signaux d'alerte et l'ensemble des indicateurs de l'économie nationale commencent à clignoter, menaçant de passer au rouge au cours de l'année qui vient." Le moins qu'on puisse dire c'est que l'actualité semble en passe de confirmer cette inquiétude et notre question.

Notre véritable crainte c'est que la direction n'agisse sur le curseur budget pour diminuer encore la part variable de rémunération au nom de la réduction des coûts, objectif prioritaire, rappelons-le, dont la direction n'a jamais fait mystère. Ayons à l'esprit les récentes déclarations de nos dirigeants affirmant haut et fort qu'il fallait sabrer dans les coûts à hauteur, montant effarant, de 250 millions - 250 000 000 ! - d'euros par an d'ici à 2020 dans le but, évidemment, d'augmenter la marge opérationnelle. Celui qui a un millième de seconde imaginé "dans le but d'augmenter les salaires des salariés" copiera cent fois "Je ne dois jamais oublier que c'est l'intérêt des actionnaires qui prime".

Dans une société de services, les leviers ne sont pas légion et nous les connaissons par cœur  : le nombre de salariés et de sites, essentiellement, et diverses économies structurelles et fonctionnelles, secondairement.

Ces diverses considérations expliquent notre inquiétude et confirme la nécessité qu'il y a à ne pas rester isolés. Rejoignez-nous, adhérez à la CFE-CGC, le premier syndicat dédié aux cadres et à l'encadrement.

mardi 27 novembre 2018

La fin de la GMP (garantie minimale de points)

La garantie minimale de points (GMP), de quoi s’agit-il ?

Ce dispositif permettait aux affiliés à l’Agirc de bénéficier de la garantie d’acquérir au minimum 120 points par an auprès du régime complémentaire Agirc ; points qui sont convertis en pension au moment du départ à la retraite. Il s’agissait de prélever des cotisations supplémentaires pour les cadres et assimilés rémunérés en deçà du salaire charnière (3 664.82€ bruts mensuels) permettant l’acquisition de 120 points.Le salaire charnière est le salaire brut en-dessous duquel tout salarié cadre voit apparaître la GMP sur sa fiche de paie.

Avec la mise en place au 1er janvier 2019 du nouveau régime unique Agirc-Arrco, la garantie des 120 points Agirc n’existe plus mais les points acquis précédemment via ce dispositif seront conservés.

Au 1er janvier 2019, ces salariés de l’encadrement n’auront plus à payer les 27,60€ mensuels qui leur incombaient, mais de son côté l’employeur « économisera » jusqu’à 45,11€ par mois. Ce montant maximum, correspondant au passage d’acquisition de 0 à 120 points Agirc, est atteint pour tous les salariés cotisant à l’AGIRC dont le salaire est inférieur au plafond de la sécurité sociale (3 311 € bruts mensuels). Le montant total de la GMP s'élève à 72,11 € par mois dont 45,11 pour l'employeur et 27,60 pour le salarié. L’économie de l’employeur varie linéairement entre 45,11 €/mois et 0 pour les salariés rémunérés à hauteur du salaire charnière.

Bref, pour tous les cadres rémunérés en-dessous de 3 311 euros (PSS) chez Adecco, et il y en a, l'entreprise fait une bonne affaire avec la disparition de cette garantie minimale de points. Le cadre mal payé, lui, en fait une très mauvaise puisqu'il lui faudra travailler plus longtemps pour obtenir le même nombre de points. A durée équivalente de cotisation, il totalisera en effet moins de points. Encore un bon coup de rabot !

lundi 26 novembre 2018

Déclaration CFE-CGC relative aux Négociations annuelles obligatoires (NAO) 2018 concernant la rémunération 2019


Au nom de la CFE-CGC, nous déplorons une fois de plus l'absence de négociation véritable et loyale pour ces réunions NAO 2018 concernant les rémunérations 2019.
Une enveloppe budgétaire a bien été évoquée mais sans qu'aucune précision d’attribution n’ait été précisée, hors la ventilation selon trois axes génériques : augmentations individuelles, attractivité et l'égalité homme/femme. Pour ce dernier point, rappelons qu’il s’agit d’une obligation légale et qu’une mise en conformité avec la législation ne peut en aucun cas être assimilée à une avancée salariale. Pour chacune de ces orientations, combien de bénéficiaires devraient profiter d'une augmentation de salaire ? Pour la notion liée à l'attractivité et à l'égalité H/F, combien de cas identifiés nécessitant un réajustement ? Selon quels critères précis ? Pour quels montants ? Quels seront les seuils de déclenchement ? Les minimums ?  Les maximums ? Y-a-t-il des motifs d'exclusion ? Un effet rétroactif ? Si oui, sur quelle période ? Quelle est la part des augmentations salariales dûes à des changements de fonction ? Ce budget salarial inclut-il les sommes versées au titre de ruptures conventionnelles ou de transactions ? etc. Les questions sont nombreuses sans aucune réponse à ce jour.
L'éventuelle utilisation du budget d’un 2,2 millions d'euros annoncé demeure donc, pour nous, parfaitement opaque.
De plus, nous soulignons que cette année encore, aucune augmentation n'est prévue sur les fixes ce qui revient à un recul du pouvoir d'achat de 2,2% si l’on prend en compte le taux officiel de l’inflation pour les 12 derniers mois (source INSEE). La reprise de l’inflation accélère et aggrave encore la paupérisation des salariés Adecco.
Enfin, nous déplorons l'absence à l'ensemble de ces réunions de la Directrice des rémunérations qui aurait sans doute pu répondre à un certain nombre de nos questions. Il s'agit au mieux d'une négligence inquiétante et au pire d'un désintérêt pour la situation des salariés de l'entreprise.
Nous nous réservons donc le droit de communiquer largement sur la politique salariale de l'entreprise.
Le 23 novembre 2018
CFE-CGC Adecco

Prochainement des précisions sur le contenu de ces NAO

jeudi 22 novembre 2018

Quand la direction décide de ne pas répondre en CCE

Dans les coulisses du dialogue social, vos élus CFE-CGC doivent parfois s'armer de la plus grande patience dont ils disposent tant les réponses approximatives, dilatoires et tardives pourraient finir par crisper les plus sereins d'entre nous. Certes, nous bonifions avec le temps mais quand même, il faudrait voir à ne pas en abuser...

Voici un exemple, sinon de dialogue désaccordé tout au moins de réponse dilatoire, ne répondant absolument pas à la question et manifestant même, selon la meilleure hypothèse, une grande désinvolture à l'égard des instances mais surtout des véritables problèmes subis par les salariés. Voici la question : 

"Le système d’OD s’essouffle en raison de la pénurie de candidats et de la politique de rémunération basée sur l’objectif de CA. 
• Au cas où une agence propose de réviser un accord afin de confier la gestion et le recrutement aux agences qui recrutent, que compte faire la direction afin qu’il n’y ait pas d’incidence sur l’objectif CA de l’agence de rattachement ? 
• Une règle pourrait-elle être proposée afin de pouvoir mieux appréhender et harmoniser le système d’OD ? " 
 
Pour être bien certain que la direction comprenne la double question, voici les précisions apportées par l'élu : 

"L'agence X reçoit et centralise les commandes du client. (comme pourrait l'être OPNAT pour certains accords nationaux) . 
Le client ne souhaite pas avoir plusieurs interlocuteurs.
Les gestions sont dans ce cas gérées par l'agence X et les délégations sont envoyées aux agences locales. Dans ce cas une OD est déterminée pour l'agence locale qui recrute et une autre pour l'agence X qui gère les contrats.
Le budget 2018 prévoit un pourcentage de PV basé sur le CA. Si l'agence qui gère les contrats ne facture plus, il y aurait dans ce cas une perte de CA et une baisse de rémunération variable des collaborateurs alors que pour ADECCO FRANCE le CA resterait inchangé.

A partir de cet exemple, merci de bien vouloir répondre aux 2 questions suivantes :

1/ Au cas où une agence (X) propose de réviser un accord afin de confier la gestion et le recrutement aux agences (locales) qui recrutent, que compte faire la direction afin qu’il n’y ait pas d’incidence sur l’objectif CA de l’agence de rattachement (X) ?"

(réponse de la direction qui avait sans doute un train à prendre ou une course à faire avant fermeture. NDLA)

"Ce type de pratique reste exceptionnel car la commercialisation de notre solution OPNAT doit être la priorité. Pour les clients non accords nationaux qui rentreraient dans ce type de process, la direction ne prévoit pas de règle uniforme, il doit s’agir d’un accord préalable entre l’agence émettrice de la commande et l’agence qui la reçoit."
 
"2/ Une règle pourrait-elle être proposée afin de pouvoir mieux appréhender et harmoniser le système d’OD ?"

(alors là, la réponse vaut son pesant de part variable non versée et dans le genre "cause toujours tu m'intéresses", on peut difficilement mieux faire.NDLA)

"Non, car en créant une règle, nous légitimons un usage qui doit rester exceptionnel car nous attachons une grande importance au contact local entre le client et l’agence sur son bassin d’emplois."

Vous nous croirez ou non mais "la vérité si je mens", il a fallu près de trois mois pour obtenir ces non-réponses. Trois longs mois de relances pour n'aboutir qu'à une fin de non recevoir manifestant ouvertement un manque d'intérêt pour la question posée dans les instances et par conséquent pour le préjudice subi par les salariés. Tout ça pour ça, serait-on tenté de conclure...


Dans les jours prochains sur ce blogue :

LA CFE-CGC dénonce des NAO pour rien
Les budgets 2019 seront-ils réalistes ?
Onsite : Lean management et surabondance de statistiques
Les conséquences de la fin du CICE
Des retraites lourdement amputées dès janvier 2019
Le télétravail, où en est-on chez Adecco ?