vendredi 24 mai 2013

Le CICE va-t-il vraiment changer nos états de gestion ?

Aujourd'hui la botte secrète de la Direction, pour tenter d'obtenir des signatures d'avenants, c'est la promesse de la rétrocession aux agences d'une partie du "Crédit d'impôt compétitivité emploi" (CICE), véritable manne financière destinée, en principe, à éviter les destructions d'emplois. Cette mesure gouvernementale vise, en effet, à réduire le coût de la masse salariale afin de relancer la compétitivité des entreprises et limiter le nombre de faillites. Le gouvernement escompterait de plus la création de 300.000 emplois et un demi-point de croissance d'ici 2017.

Ce dispositif calculé sur la masse salariale brute (salaires bruts et cotisations salariales) pour les rémunérations entre 1 et 2,5 SMIC générera une baisse des charges pour les entreprises de 4% en 2014 et même 6% en 2016.

Un certain nombre d'observateurs émettent des doutes sur l'efficacité d'un tel dispositif jugé très insuffisant pour répondre à la gravité de la situation. "Le coeur du problème de l'économie française, c'est le défaut de profitabilité des entreprises et leur faible capacité d'autofinancement de l'investissement", affirme à l'AFP Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. D'autres saluent cet allégement de charges sociales qui sera financé par un alourdissement de la TVA.

Quoiqu'il en soit et pour revenir à Adecco, une communication envoyée fort opportunément au réseau il y a quelques jours, fait état d'une rétrocession de 1% de la masse salariale des salariés permanents et intérimaires, soit le quart du bénéfice de cette mesure. Ce "cadeau" fait aux agences s'évaluerait à environ 35 millions d'euros si l'ont considère une masse salariale supérieure à deux fois et demi le SMIC et chargée de 35 milliards, charges incluses, selon nos estimations. Comment peut-on croire un instant que la Direction rétrocédera 35 millions aux agences soit, en moyenne, près de 40 000 euros par agence... ?

Quand bien même nous serions affligé de la naïveté d'un perdreau de l'année, l'entreprise ne nous a-t-elle pas communiqué, oralement et par écrit, qu'elle ne pourrait "compte tenu de ses caractéristiques de rentabilité et de sa situation fiscale, percevoir le CICE avant 2017" ? Elle a même précisé, très à propos, que "ce crédit d'impôt devra être utilisé conformément aux prescriptions de la loi telles que précisées par les instructions fiscales, notamment les investissements de recherche, d'innovation, de formation, de recrutement et les enjeux de reconstitution de fonds de roulement". Agir autrement serait illicite et indéfendable.

Voici donc, selon la direction elle-même, une double impossibilité de faire bénéficier les agences de cette manne étatique. Il ne s'agit bien entendu que d'une promesse destinée à inciter le plus grand nombre possible de salariés à signer leur avenant de rémunération. Les promesses n'engagent-elles pas uniquement ceux qui les croient, avait un jour affirmé un cynique politicien ?

jeudi 23 mai 2013

Le tour du monde en 80 jobs

L'article qui suit, relevé sur Doc News expose le projet d'Adecco Belgique consistant à faire voyager un certain nombre de jeunes Belges en leur faisant expérimenter un certain nombre de petits boulots divers et variés. Les jeunes Belges pourront ainsi se mettre dans la peau d'un soigneur de tigres ou d'un sauveteur sur une plage d'Australie. Bon, pour les débouchés, on ne vous promet rien... mais l'expérience est amusante et peut être enrichissante sur le plan personnel. Donnée culturelle d'importance, on découvre au passage que la Belgique est devenue anglophone. On ne nous dit pas tout !

Adecco, un tour du monde en 80 jobs

C’est l'aventure professionnelle que propose Adecco aux jeunes belges. Quand le marché de l'emploi prend les méthodes de la TV réalité !

En Belgique, le chômage des jeunes n'a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui. Environ un jeune Belge sur cinq n'a pas de boulot. Adecco a donc décidé de mettre des outils à leur disposition sur une plate-forme web, afin de les aider activement à trouver un emploi. Ce dispositif baptisé « way to work » s’accompagne d’un concours de taille puisqu’il propose à ces jeunes de se rendre à l’étranger en expérimentant différents métiers, en fonction du pays : soigneur de tigre, sauveteur sur une plage en Australie, promeneur de chiens à New York... L'opportunité de nourrir son CV en vivant une expérience réjouissante. L'opération se déroulera entre le 1 juillet et le 31 août 2013. 

Pour remporter le concours, les participants devront remporter une série d’étapes proposées sur le web. La première, qui se termine le 20 mai, teste leurs compétences linguistiques en anglais dans un taxi à Singapour. Les personnes ayant obtenu les meilleurs scores à la première étape seront invités à soumettre une vidéo en utilisant leurs aptitudes à la communication, la créativité et la passion. Un jury sélectionnera les meilleures et les gagnants seront sélectionnés pour les prochaines étapes où leurs facultés d’observations, de mémoire, de communication, d’orientation, seront évaluées.


L'agence Mortierbrigade a réalisé l'annonce publicitaire de l'opération.

Source : Doc News 

IMPORTANT : demain sur ce blogue
Le CICE va-t-il vraiment changer nos états de gestion ?

mercredi 22 mai 2013

Pour relancer l'économie, une solution : liquidez vos économies !

L'article suivant, emprunté à JuriTravail.com précise toutes les modalités du déblocage anticipé de la participation - ceux qui ont moins de six ans d'Adecco ne peuvent pas comprendre... - tel que prévu par la loi du 13 mai dernier :


 
L'Assemblée nationale vote le déblocage anticipé de la participation

La prime de participation, également appelée réserve spéciale de participation, garantit la redistribution d'une partie des bénéfices dégagés par l'entreprise.
Afin de favoriser la consommation des ménages, l'Assemblée Nationale a voté - dans le cadre de la procédure accélérée - lundi 13 mai 2013, la proposition de loi relative au déblocage exceptionnel de la participation

Elle permet aux salariés de débloquer de manière exceptionnelle, en 2013, les sommes investies dans un plan d'épargne salarial au titre de la participation, et ce, dans un délai de 6 mois à compter de la date de promulgation de la loi, qui devrait intervenir avant le 1er juillet.
Quelles sont les conditions de déblocage des sommes dues au titre de la participation ?

La prime de participation, également appelée réserve spéciale de participation, garantit la redistribution d'une partie des bénéfices dégagés par l'entreprise.
Le montant de celle-ci fluctue selon les dispositions de l'accord collectif la prévoyant.

Lors du versement de la prime, le salarié peut demander, sous conditions, le déblocage immédiat des sommes à percevoir. A défaut d'opter pour cette possibilité, les sommes seront bloquées pour une durée de 5 ans voire 8 ans si aucun accord de participation n'a été conclu dans les délais légalement requis, et ce, sauf cas de déblocage anticipé (1).

Déblocage immédiat

En cas de demande de versement immédiat, le salarié devra formuler sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la date à laquelle il a été informé du montant qui lui est attribué, ou en l'absence de stipulation conventionnelle, à compter de la réception de la lettre recommandée l'informant du montant qui lui est attribué et du montant dont il peut demander en tout ou partie le versement (2).

Les sommes issues de la participation qui sont versées immédiatement aux salariés sont exonérées de cotisations de sécurité sociale et de toutes les autres charges sociales. Seuls la CSG, la CRDS et le forfait social seront prélevés. Traditionnellement, les sommes sont assujetties à l'impôt sur le revenu au titre des traitements et salaires (3).

Toutefois, en raison de la perte de pouvoir d'achat des français, ces dispositions ne s'appliquent pas aux sommes débloquées immédiatement pour financer l'achat d'un ou plusieurs biens ou la fourniture d'une ou plusieurs prestations de services. En effet, la proposition de loi prévoit un nouveau cas de déblocage anticipé pour lequel le salarié peut demander le versement immédiat de ces sommes, sans qu'elles soient soumises à l'impôt sur le revenu (voir ci-dessous).

Déblocage au terme de la période d'indisponibilité

Si le salarié ne choisit pas le versement immédiat, les sommes issues de la participation sont bloquées pendant 5 à 8 ans. Les sommes bloquées sont ainsi exonérées d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales (3). A la fin de cette période, le salarié pourra les débloquer.

Déblocage anticipé

Dans les cas où le salarié n'a pas opté pour la disponibilité immédiate, il pourra débloquer de façon anticipée les sommes uniquement dans les cas suivants (4) :
  • le mariage ou la conclusion d'un pacte civil de solidarité par l'intéressé (PACS) ;
  • la naissance ou l'arrivée au foyer d'un enfant en vue de son adoption, dès lors que le foyer compte déjà au moins deux enfants à sa charge ;
  • le divorce, la séparation ou la dissolution du PACS lorsqu'ils sont assortis d'un jugement prévoyant la résidence habituelle unique ou partagée d'au moins un enfant au domicile de l'intéressé ;
  • l'invalidité de l'intéressé, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ;
  • le décès de l'intéressé, de son conjoint ou de son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ;
  • la rupture du contrat de travail, la cessation de son activité par l'entrepreneur individuel, la fin du mandat social, la perte du statut de conjoint collaborateur ou de conjoint associé ;
  • l'affectation des sommes épargnées à la création ou reprise, par l'intéressé, ses enfants, son conjoint ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité, d'une entreprise industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, soit à titre individuel, soit sous la forme d'une société, à condition d'en exercer effectivement le contrôle, à l'installation en vue de l'exercice d'une autre profession non salariée ou à l'acquisition de parts sociales d'une société coopérative de production ;
  • l'affectation des sommes épargnées à l'acquisition ou à l'agrandissement de la résidence principale emportant création de surface habitable nouvelle telle que définie à l'article R111-2 du Code de la construction et de l'habitation, sous réserve de l'existence d'un permis de construire ou d'une déclaration préalable de travaux, ou à la remise en état de la résidence principale endommagée à la suite d'une catastrophe naturelle reconnue par arrêté ministériel ;
  • la situation de surendettement de l'intéressé.
A cette liste, la proposition de loi, telle qu'elle a été votée par l'Assemblée Nationale, ajoute un nouveau cas de déblocage anticipé des sommes dues au titre de la participation : celui de l'achat d'un ou plusieurs biens ou la fourniture d'une ou plusieurs prestations de services (5). Ce nouveau cas n'est que temporaire. En effet, il est prévu que les sommes (ainsi que leurs intérêts) ne sont exonérées d'impôt sur le revenu que si elles sont retirées entre le 1er juillet et le 31 décembre 2013. Les intérêts des sommes débloquées seront toutefois soumises à la CSG et à la CRDS.

Pour pouvoir bénéficier de cette exonération, le salarié ne pourra retirer ces sommes qu'en une seule fois, et dans la limite de 20.000 euros.
Par ailleurs,il devra être en mesure de justifier son achat, notamment à l'aide de factures.

A compter de la promulgation de la loi, les salariés devront être informés par leur employeur dans un délai de 2 mois, de leur faculté de retirer leurs sommes pendant 6 mois (de juillet à décembre 2013).
Pour que cette loi entre en vigueur et que les salariés puissent profiter de ce nouveau cas de déblocage anticipé de la participation, il faut attendre que le Sénat se prononce, à l'issue de la séance qui aura lieu le 28 mai 2013.

Références :
(1) Article L3323-5 du Code du travail
(2) Article R3324-21-1 du Code du travail
(3) Article L3325-2 du Code du travail
(4) Article R3324-22 du Code du travail
(5) Proposition de loi portant déblocage exceptionnel de la participation et de l'intéressement, adoptée par l'Assemblée Nationale le 13 mai 2013
 

mardi 21 mai 2013

Plus que 3 jours pour ne surtout pas signer votre avenant

Concernant l'avenant de confiscation totale, nous avons tout dit et tout écrit et nous ne pouvons que nous répéter. Un détail d'importance n'a pas manqué d'intriguer de nombreux collègues, c'est la date limite imposée par la direction pour signer lesdits avenants : le 24 mai. Pourquoi le 24 ? Pourquoi une telle date, en plein mois, alors qu'il est d'usage pour la plupart des contrats, de quelque nature que ce soit, de raisonner en début ou fin de mois calendaire. On aurait ainsi pu imaginer la date du 31 mai, par exemple.

Pour comprendre cette curieuse échéance il suffit de se souvenir de la date à laquelle paraissent les états de gestion du mois précédent. Après le 24, n'est-ce pas ? Il semble donc que la direction tienne vraiment à ce que les avenants soient signés avant la sortie des résultats du mois d'avril, premier mois de mise en œuvre de la contribution totale. En somme, il faut vite signer avant de voir quoi que ce soit.

Un début de commencement de transparence aurait, au contraire, consisté à solliciter une signature d'avenant peu après la diffusion des EDG, avant le 31 mai par exemple. Ainsi chaque salarié aurait pu se faire une première idée de l'incidence du nouveau calcul et choisir de signer ou non en connaissance de cause.

Quant au "Crédit d'impôt emploi compétitivité emploi" (CICE) dont une partie serait injectée dans la base d'intéressement, il s'agit aujourd'hui d'une nébuleuse pour laquelle personne ne dispose de simulations fiables et un tel "cadeau" de dernière minute ressemble plutôt à un marché de dupe. Une question parmi tant d'autres : à quelles dépenses l'entreprise devra-t-elle consentir pour percevoir un peu de ce CICE dont elle ferait bénéficier en partie les salariés ?

Tout ceci n'est malheureusement pas formalisé, ni précis, ni même bien sérieux. En échange de l'effondrement ou d'une quasi disparition de la partie variable de la rémunération, la direction n'a finalement à proposer qu'une date limite de signature des avenants permettant d'occulter les résultats d'avril et la promesse de l'attribution d'une partie de la CICE - dont personne ne connaît l'impact - dans la base d'intéressement. Une seule attitude possible : zéro signature.

lundi 20 mai 2013

Lundi de Pentecôte

Le lundi de Pentecôte est aussi une journée dite de solidarité envers les personnes âgées. Plus prosaïquement, les entreprises sont astreintes à verser aux finances publiques une contribution équivalent à 0,3% de la masse salariale dont l'utilisation demeure nébuleuse. Moins d'un salarié sur cinq travaille aujourd'hui en France.

Prochaine mise à jour demain.

vendredi 17 mai 2013

Faites vos comptes...

Les taux de perte de variable de rémunération mentionnés sur ce tract envoyé aux agences sont calculés à partir des données fournies par la direction. 

Signer un avenant c'est donc accepter de perdre de la rémunération à hauteur de ces chiffres.

cfe.cgc.adecco@gmail.com


jeudi 16 mai 2013

Quel est le risque si l'on ne signe pas l'avenant de confiscation totale ?

Pas un des salariés que nous rencontrons actuellement ou avec lequel nous échangeons ne souhaite signer l'avenant qui assurerait la disparition de tout ou partie de sa rémunération variable. Même la garantie du maintien, en 2013 seulement, de 70% de la part variable de 2012 ne suffit à convaincre des salariés échaudés par des années de baisse de salaire. Et puis, 70% cela signifie quand même la perte de 30% en 2013. La garantie ne serait plus que de 35% en 2014, juste de quoi acheter un stock de Kleenex pour les années suivantes  puisque, dès 2015, dans un an et demi seulement, les malheureux signataires devront se contenter à perpète du fixe ou presque.

Ces évidences rappelées, le refus de signature est-il risqué ? Le changement dans le mode de calcul de la rémunération puisque c'est bien de cela qu'il s'agit, s'apparente à une modification d'un élément substantiel du contrat de travail que le salarié est libre d'accepter ou de refuser, comme le précise la législation en vigueur. Il en va de même pour le refus de certains ajouts, tel une clause de mobilité lorsqu'elle n'existait pas auparavant, que le salarié peut refuser sur un avenant. Cela ne répond toujours pas à notre question : quelles sont les conséquences éventuelles d'un refus de signature d'un avenant lorsque l'employeur modifie un élément substantiel du contrat de travail ?

Dans ce cas, l'employeur doit tout simplement continuer le contrat aux conditions initiales, antérieures à la modification proposée. Il peut aussi, en théorie, tenter un licenciement mais il faut savoir que dans ce cas le licenciement devra être justifié non pas simplement par le refus du salarié, mais par une cause réelle et sérieuse en lien avec la modification proposée à l'origine. En cas de contestation, les juges rechercheront si la décision de l'employeur de modifier le contrat de travail était ou non justifiée et il est bien évident que dans le cas qui nous intéresse, l'application de la confiscation totale, aucun juge ne pourrait valider la moindre justification.

D'autre part, il est utopique d'imaginer une direction envisageant une procédure de licenciement pour plus de 50% des effectifs. Au pire, supposition tout à fait gratuite, si une tentative de licenciement était engagée sur un certain nombre de salariés, nous nous engageons à mener avec eux une procédure collective pour les rétablir dans leurs droits. Mais pour répondre très simplement à la question posée, pour nous, il n'y a concrètement aucun risque à ne pas signer mais au contraire un risque énorme à signer un avenant qui validera juridiquement la quasi-disparition de la partie variable de la rémunération.

Notre consigne demeure inchangée : aucune signature d'aucun avenant. Défendez jusqu'au bout votre salaire et méfiez-vous des faux arguments qui sont en ce moment avancés ici et là.

Adecco Médical organise une conférence à Blois le jeudi 23 mai

Adecco Médical et les agences du Loir-et-Cher organisent une conférence sur les candidats de la Génération Y, en compagnie de Jérick Develle, directeur général d'Adecco Médical. Les différents points clés de la fidélisation des candidats de la Génération Y ainsi que l'intérêt des réseaux sociaux seront abordés. Un débat aura lieu sur les attentes des jeunes collaborateurs et l'évolution des pratiques managériales requises pour les attirer et les fidéliser.

Accueil à partir de 8 h 30, jeudi 23 mai, à 9 h à l'hôtel Mercure, 28 quai Saint-Jean à Blois. Inscriptions : sabrina.jama@adecco.fr.

mercredi 15 mai 2013

PSE ou pas PSE ?

Va-t-on vers un PSE ? Pas une semaine sans que nous soit posée la question ou l'affirmation d'un PSE à venir. Certains l'imaginent dans les mois qui viennent, d'autres en fin d'année, d'autres encore en 2014. Quelques irréductibles n'y croient pas, convaincus que les précédents plans sociaux suffisent amplement. Qui a raison dans l'affaire ?

Notre conviction ne repose, évidemment, que sur une série de déductions assorties d'un peu de logique. Nous n'imaginons pas, à aujourd'hui, un PSE dans le courant de l'année 2013, année de transition et post-PDV. Ceci étant posé, les résultats du premier trimestre sont inquiétants (- 40%) mais n'oublions pas qu'ils ne sont que la conséquence du coût de la restructuration : l'entreprise passe son temps, son énergie et... son argent à se modifier et notamment à diminuer la voilure. Nous savons parfaitement que ces mauvais résultats étaient parfaitement anticipés et n'imaginons donc pas un PSE sur 2013.

En 2014, c'est une autre histoire puisque les ravages de la confiscation totale (ou contribution totale, je ne sais plus très bien) seront alors rendus évidents pour tous puisque des centaines d'agences se retrouveront arithmétiquement (et artificiellement) en négatif en fin d'année 2013. Nous l'avons dit et écrit à plusieurs reprises, la fonction principale du nouveau mode de calcul des EDG consiste essentiellement, outre une prédation considérable sur les rémunérations, à rendre mécaniquement déficitaires plusieurs centaines d'agences aujourd'hui bénéficiaires afin de justifier ainsi un nouveau plan social qui permettra de réduire de façon significative la dimension du réseau. Toujours moins d'hommes, d'agences, de structures.... et toujours plus de finances. Tout était dans notre fameux tract "La finance expliquée aux nuls".

Notre diagnostic demeure donc inchangé : PSE ou non, nous devrions aller vers un plan social en 2014, justifié par les conséquences de l'application de la confiscation totale beaucoup plus que par la conjoncture.

Demain sur ce blogue :
Quel est le risque si l'on ne signe pas l'avenant de confiscation totale ?

Bientôt des informations importantes sur les actions à venir de la coordination syndicale et de nouvelles dates pour de nouvelles actions.
 Avenants : zéro signature
Quel que soit le discours tenu localement, 
vous avez le choix de signer ou non

mardi 14 mai 2013

Voulez-vous devenir Head of Investor Relations ?

Si vous répondez par l'affirmative à cette question, sachez que c'est râpé. Trop tard en effet, le poste est pourvu comme nous l'apprend, le 22 avril dernier, une dépêche de Bilan, magazine suisse de l'économie. C'est un homme issu de la banque Morgan qui occupe dorénavant le poste à l'intitulé flatteur :

Adecco: David Hancock nommé Head of Investor Relations

Zurich (awp) - Le géant du travail temporaire Adecco a désigné David Hancock comme chef des relations avec les investisseurs. Il prendra sa fonction début juin et répondra directement au chef des finances Dominik de Daniel, a précisé Adecco, lundi soir dans un communiqué. Auparavant, M. Hancock a travaillé chez Morgan Stanley, dernièrement comme Executive Director and Head European Business Services.

L`actuelle responsable IR, Karin Selfors-Thomann reste au sein du groupe et au sein de l`équipe de direction de Pontoon.

Source : Bilan.ch

Demain sur ce blogue :
PSE ou pas PSE ?
 
Zéro signature

lundi 13 mai 2013

Les résultats Adecco pour le premier trimestre 2013 sont tombés

"Les milieux autorisés..."
Les résultats du premier trimestre sont tombés - dans tous les sens du terme... - et ils sont évidemment décevants, encore faut-il demeurer prudent sur l'analyse qui peut en être faite. Tant que nous ne sommes pas en possession des chiffres complets et que nos experts n'ont eu l'occasion de les analyser, il convient de demeurer plus que circonspect. On sait que l'immense majorité des journalistes et publications ne font que reprendre les dépêches des quelques agences monopolistiques, qui, elles-mêmes, se contentent des déclarations qui leur sont transmises. Un peu court pour se forger une opinion crédible.

Ce préambule posé, la presse économique fait état d'un recul des résultats à hauteur de - 40% pour le premier trimestre, ce qui semblerait inquiétant si il n'était aussitôt précisé que ce recul s'estime en regard d'un "consensus" établi par Thomson Reuters. Depuis Coluche, on sait ce qu'il convient de penser des "milieux autorisés" mais, bon, contentons-nous pour l'instant de ces données. Le bénéfice net s'établit dont à hauteur de 67 millions d'euros pour le premier trimestre 2013 au lieu des 80,1 Md€ attendus par ledit consensus. Les spécialistes s'accordent à penser que le groupe est "plombé par ses coûts de restructuration". On n'évoquera jamais assez le coût effarant de la "restructurite" sévissant dans les grands groupes.

On observe d'autre part une baisse, pour le groupe, de 7% du chiffre d'affaires qui doit être corrigée à 5% afin de tenir compte de la différence en jours ouvrés entre 2013 et 2012. A noter que la France seule accuse un recul de 17% de son chiffre d'affaires. Pour résumer, la zone euro, lanterne rouge de la croissance et championne incontestée du chômage (19 millions de demandeurs d'emploi, officiellement) tire incontestablement le groupe vers le bas même si des observateurs font état d'une très timide reprise en Espagne et au Portugal.

Seul message d'espoir à l'horizon mais à destination exclusive des actionnaires et milieux financiers, la direction générale du groupe confirme l'objectif d'une marge opérationnelle à 5,5% en 2015 tandis que le titre Adecco renoue avec une tendance haussière. Pour les salariés, désolé mais rien de particulier n'est prévu.

vendredi 10 mai 2013

GPTW : un étrange silence...

Voici plus d'un mois que sont tombés (au sens propre du terme) les résultats de l'enquête Great Place To Work (littéralement : le meilleur endroit où travailler) et c'est un silence épais qui continue d'entourer le sujet. Pas besoin d'être devin pour imaginer des résultats calamiteux de l'enquête pour Adecco France : il suffit d'entendre les salariés à quelque niveau que ce soit.

Comment annoncer aux salariés les résultats sans avouer le désastre ? Comment édulcorer, si possible, tous ces sévères avis sur les conditions de travail et le niveau de satisfaction et surtout, en l’occurrence, d'insatisfaction ? C'est l'insoluble problème que rencontre, en ce moment même la direction. Bien sûr, notre Directeur général a tenté une timide approche dans sa lettre du 30 avril dernier dans laquelle nous apprenons que la seule bonne nouvelle réside dans le taux de participation à l'enquête. 86% nous est-il annoncé. Les résultats seraient un peu meilleurs que l'an dernier mais en amalgamant Adecco France et l'ensemble des filiales. Ainsi nous est-il annoncé que "nous avons des entités dans lesquelles les permanents se sentent heureux, investis et fiers de travailler : Badenoch & Clark, Euro Engineering et Adecco Medical sont dans le top 3". Merci à ces bienheureuses entités de contribuer à améliorer la note du Groupe, mais pour Adecco France qu'en est-il ?. D'ailleurs, notre DG a l'honnêteté de préciser que "Néanmoins, les résultats Groupe ne reflètent que des moyennes générales, et ne sont pas suffisants pour définir des plans de progrès. C'est pourquoi, d’ici quelques semaines, vous serez informés par vos managers et vos équipes RH, des résultats et des priorités de votre entité."

En termes plus crus, cela signifie-t-il que les résultats pour Adecco France s'assimileraient plutôt à une bonne trempe, une fessée cul nu ? Réponse très prochainement car il y a bien un moment où il faudra oser communiquer les résultats.

A suivre très bientôt donc mais une seule certitude, les même causes engendrant les mêmes effets, il serait grand temps que la direction entende les salariés et leurs représentants et se persuade enfin qu'aucune mesure cosmétique ne remplacera jamais une écoute sincère étayé par un authentique dialogue social et la prise en compte des véritables problèmes de la profession, à commencer par la régression constante des rémunérations. Tout le reste ne sera jamais que cautère sur une jambe de bois.

mardi 7 mai 2013

Vous avez le choix de signer ou non l'avenant que l'on vous propose (rediffusion)

"Mais où est donc passée ma part variable ?"
Comme nous l'avons écrit hier, IL EST TOUT A FAIT POSSIBLE DE NE PAS SIGNER SON AVENANT DE CONTRAT. La direction nous a en effet confirmé que les salariés qui ne souhaitent pas signer leur avenant peuvent ne pas le signer, sans conséquence pour qui que ce soit. Ne nous leurrons pas, ce libre-choix a été obtenu grâce à votre participation massive à la grève car il était, la veille encore du mouvement social, totalement exclus de laisser les salariés ne pas signer leur avenant.

Soit dit en passant, les non grévistes peuvent remercier les salariés qui ont fait l'effort de suivre la consigne de grève, car ils profitent, eux aussi, de cette possibilité de ne pas signer.

Ce libre-choix n'empêche évidemment pas les pressions et manipulations en région, de nature à faire douter et même basculer les salariés les plus fragiles. Signalez-nous les comportements de ce type, afin que nous puissions agir et vous garantir la liberté de votre décision. Le salarié qui ne signe pas son avenant ne risque rien mais celui qui le signe est certain d'être rémunéré sur la base de la "contribution totale". A chacun de voir midi à sa porte et comme on dit "un homme avertit en vaut deux".

Méfiez-vous des arguments que l'on peut entendre ici et là du type "ne pas signer pénalise les autres". Ceux qui propagent cet argument ne se rendent même pas compte qu'ils confirment, par étourderie sans doute, que les non signataires seront mieux rémunérés que les signataires... Autre argument entendu : "si on reste sur la CDHI, ce sera irréversible". Et alors ? La belle affaire ! Gagner davantage sera irréversible ? Pas de problème. En plus, c'est évidemment faux et souvenons-nous que l'argument avait déjà été employé pour PeopleSoft V9, alors qu'on continuait, des mois après, à tenter d'obtenir la signature des réfractaires.

La direction a refusé nos propositions de sécurisation et notamment toute mesure comparative sur une période donnée - six mois, par exemple - et ce refus en dit long sur les conséquences du nouveau calcul. Une période probatoire comparative aurait définitivement permis de rassurer les salariés et leurs représentants mais la précipitation proposée ne peut qu'inciter à la plus extrême réserve et à l'abstention. Comme je l'écrivais hier, une signature d'avenant réclamée à l'arrachée, pour le 24, le 25, 26 ou le 27 mai, avant même la publication des résultats d'avril constitue, en soi, un aveu de taille...

Au final, chacun fera comme il voudra mais notre rôle reste d'avertir, d'expliquer et de mettre en garde nos collègues.

lundi 6 mai 2013

Chômage : triste record

Communiqué de la confédération CFE CGC :

23e mois consécutif, le record de janvier 1997 battu, 36 900 chômeurs de plus sur le dernier mois et une hausse de 40 % de chômeurs en un an : c’est un signe décourageant, un symbole de perte de compétitivité de notre économie.

C’est la souffrance des licenciés abasourdis et la crainte des salariés de Pôle Emploi de ne pas être à la hauteur de ce tsunami.

La CFE-CGC met tous ses espoirs dans les nouveaux outils qui se mettent en place : emplois d’avenir, contrat de génération et sécurisation de l’emploi. Mais leur opérationnalité ne sera pas immédiate tandis que les PSE en cascade se préparent dans la métallurgie, l’industrie…

La CFE-CGC voit une fois de plus les populations des jeunes et des seniors touchées de plein fouet : quand viendra la fameuse inversion de la courbe du chômage attendue, promise, espérée ?

L’urgence va à la création de richesses, à l’orientation de l’épargne vers les secteurs porteurs d’innovation, de relocalisation et d’investissements productifs. Faute de croissance, créons vite les outils économiques et financiers pour impulser une compétitivité rapide, efficace et territoriale nécessaires à des créations d’emplois. Ils existent. Il y a urgence à les mobiliser.

L’emploi doit être le moteur de toutes les politiques. La CFE-CGC fera appel à tous ses acteurs de terrain pour cela.

vendredi 3 mai 2013

Les Directeurs de clientèle victimes du nivellement par le bas

Il faut une carotte pour avancer
Les primes sur objectifs vont-elles être également supprimées pour les Directeurs de clientèle ? Rien n'est certain mais la rumeur enfle et des remontées sérieuses nous font état de cet énième coup de rabot sur les rémunérations. Le plus fort, c'est qu'il n'y aurait aucune compensation... On supprime pour supprimer.

Si l'on prend l'année 2012 en référence, les DC Adia et Adecco obtenaient une rémunération quasiment équivalente, avec toutefois un avantage non négligeable pour les DC Adia.

D'un côté, Adecco, c'était fixe et intéressement auxquels s'ajoutait une prime sur objectifs, et côté Adia, la rémunération ne se composait que d'un fixe et un intéressement. Au cumul, la fonction obtenait donc à peu près la même rémunération avec, quand même, un avantage de 100 à 200 € pour les DC Adia.

Dans la configuration 2013, les Directeurs de clientèle Adecco seront perdants puisque la direction choisit de supprimer arbitrairement leur prime sur objectifs, les plaçant cette fois nettement en dessous des DC ex-Adia. C'est, comme d'habitude, l'harmonisation par le bas.

C'est une prime annuelle d'environ 3 000 euros qui disparaît comme par enchantement, sans la moindre compensation. Environ 250 € par mois en moins qui s'ajoutent à l'écart antérieur d'environ 150 €. Et il faudrait ne rien dire...

Le plus révoltant, si l'on compare à d'autres fonctions, c'est qu'en 2012 cette fameuse prime avait été intégrée au fixe pour les DUO (directeur d'unité opérationnelle) et les DMS (directeur multi-sites). Deux poids et deux mesures qui n'augurent rien de bon pour l'avenir de la fonction de directeur de clientèle...

cfe.cgc.adecco@gmail.com

Attention : signer son avenant c'est accepter, sans contestation possible, les nouvelles règles de calcul de part variable.

Zéro signature !


jeudi 2 mai 2013

C'est au tour des Chargés de mission formation

Je restructure, tu restructures...
Au tour des chargés de formation (CMF) de faire l'objet d'une externalisation puisque ceux-ci - 8 salariés à ce jour - vont voir leur contrat transféré sur Adecco Formation. Y a-t-il un sens à ce mouvement de structure ? Non, bien entendu et cela nous rappelle tristement l'externalisation des Chargés de prévention-sécurité (CPS) dont nous avions, en son temps, dénoncé l'inanité et qui avaient fini par être réintégrés lorsque les indicateurs sécurité s'étaient avérés, comme nous l'avions prédit et dénoncé, suffisamment désastreux pour faire machine arrière toute, en catastrophe. Notre déclaration au Comité d'établissement de l'époque annonçait exactement ce qui s'est malheureusement réalisé suite à ce mouvement de structure : envolée des indicateurs (taux de fréquence et de gravité) et absence de développement d'un portefeuille clients autonome... bref, the fiasco. Passons.

La restructurite va donc frapper cette fois les CMF qui se verraient (à confirmer) au passage délestés de leur prime sur objectif, soit environ 300 euros mensuels. Il n'y a pas de petite radinerie et c'est toujours cela de pris.

Autre avantage pour l'entreprise et c'est sans doute la principale motivation de ce mouvement de structure : cela permet de supprimer encore huit salariés de l'effectif Adecco France. Le compteur tourne et la priorité absolue, avant même le niveau d'activité ou les résultats, demeure la diminution rapide des effectifs. Malgré l'accélération des suppressions d'emploi, le Moloch zurichois semble ne jamais devoir être complètement rassasié. Le dossier de cette externalisation a bien entendu été transmis aux experts du Comité central d'entreprise.
Au cours de la seconde quinzaine de mai, Maître Yakafokon (qui semble rencontrer un vif succès) reviendra nous expliquer les choses et la vie...
Attention : signer son avenant c'est accepter, sans contestation possible, les nouvelles règles de calcul de part variable.

Zéro signature !

mardi 30 avril 2013

Adecco est ralenti par la France


Ebita, la vache à lait, est vexée
L'article suivant, paru dans le journal Les Échos, le 14 mars dernier, permet de mieux comprendre les raisons profondes de l'application du calcul de la "contribution totale" que de bien mauvaises langues surnomment la confiscation totale. Le mauvais élève français, dont on oublie quand même qu'il a fait vivre le groupe et financé son développement mondial, est aujourd'hui regardé de travers et considéré comme le cancre de la classe par Zurich :

 Adecco est ralenti par 
la France

Au quatrième trimestre, les revenus du groupe suisse dans l'Hexagone ont enregistré une baisse spectaculaire de 17 %.
La France a plombé les comptes d'Adecco. Le numéro un mondial du travail temporaire a connu une année difficile en 2012. Son chiffre d'affaires a reculé de 3 % à 20,53 milliards d'euros et ses bénéfices nets ont plongé de 27 % pour atteindre 377 millions d'euros. Cette chute s'est accélérée au fil des mois, comme le montrent les résultats du quatrième trimestre qui ont été publiés hier matin. Ses revenus ont en effet chuté de 6 % lors des trois derniers mois de l'année et ses profits avant intérêts et impôts (Ebitda) se sont effondrés de 33 % à 148 millions d'euros. Sa marge opérationnelle n'a ainsi pas dépassé 3,5 % lors de son dernier exercice alors qu'elle atteignait encore 4 % en 2011. Ce repli a surpris les actionnaires.

« J'ai comme tout le monde été déçu par ces résultats, reconnaît Laurent Brunelle, analyste chez Exane BNP Paribas. Adecco nous avait habitués à dépasser ses prévisions. »

Les mauvaises performances de sa filiale française expliquent en grande partie les déconvenues du groupe suisse. Ce marché représente en effet près du quart du chiffre d'affaires et au quatrième trimestre, les revenus d'Adecco dans l'Hexagone ont enregistré une baisse spectaculaire de 17 %, à 1,2 milliard d'euros, pour un résultat opérationnel nul.

Le nombre de travailleurs temporaires en mission a tout d'abord chuté de 11,5 %. Le secteur industriel, qui emploie 55 % de l'ensemble des intérimaires, a notamment réduit de manière drastique ses recrutements. Les soucis d'Adecco ont également des raisons internes à la société. « Le groupe a choisi au début de l'année 2011 de se concentrer sur la hausse de sa rentabilité et a renoncé à certains gros contrats », souligne Laurent Brunelle.

L'intégration sous la même marque des activités d'Adecco et Adia sur le marché français a aussi engendré une baisse d'activité. 120 de ses 1.320 agences ont fermé. « Cette fusion est aujourd'hui presque terminée et notre personnel dans l'Hexagone va pouvoir se concentrer sur ses activités commerciales », souligne Tommaso Scalese, en charge des relations avec les investisseurs chez Adecco, qui affirme par ailleurs : « Notre croissance aux Etats-Unis s'accélère et ce phénomène annonce souvent une amélioration du marché européen. Nous pensons en conséquence pouvoir afficher une marge opérationnelle de 5,5 % en 2015. »
Frédéric Therin, Les Echos
Source : Les Échos
Bientôt sur ce blogue :  
L'été prochain, dansez "la restructurite"
  Zéro signature d'avenant

lundi 29 avril 2013

Défendre nos salaires, c'est maintenant

Attention à votre larfeuille
Depuis l'annonce du nouveau système de calcul de la part variable de rémunération, nous n'avons cessé de demeurer force de proposition. Nous avons notamment proposé à la direction de respecter une période probatoire d'un an (six mois au grand minimum), au cours de laquelle les salariés continueraient à être rémunérés sur la base de la CDHI tout en pouvant, chaque mois, comparer les résultats obtenus en contribution totale et la rémunération qui en auraient découlé.

Cette sorte de période d'essai vaudrait mieux que tous les discours, d'un côté comme de l'autre. Quel meilleur moyen de rassurer l'ensemble de nos collègues ? Transparence absolue, comparaison honnête et, au final, avis éclairé. Pour la direction, c'est une méthode en or massif qui permettrait de lever définitivement les doutes.

Le refus systématique de la direction de la moindre période comparative en dit long sur les conséquences prévisibles de ce nouveau système de calcul des EDG sur la rémunération. C'est un terrible aveu qu'entendent les salariés.

Ceci dit, la grève leur a au moins permis de conserver le choix de signer ou non les avenants de rémunération. Tout au moins en théorie, car nous remontent de partout des informations selon lesquelles, un peu partout en région, la pression est mise sur les uns et les autres pour les amener à la signature. Toujours le double discours : d'un côté le libre-choix, de l'autre les pressions psychologique en vue d'obtenir des signatures. Un véritable branle-bas de combat est lancé en même temps que se pose pour la direction la délicate énigme suivante : comment réussir à paraître laisser le libre-choix aux salariés tout en les incitant vivement à signer et en évitant d'éveiller l'attention des syndicats ? Dur, dur...

Notre position demeure la plus simple qui soit : aucune signature, d'autant plus que nous est refusée la moindre période probatoire comparative.

Le mouvement social initié le 9 avril n'en est qu'à sa première phase et bientôt vous seront proposées de nombreuses actions, à la portée de tous et de chacun, sans perte de salaire, selon des thèmes proposés (TAC, facturation, avoirs et quelques surprises...).

Zéro signature

vendredi 26 avril 2013

"Middle office", où en est-on ?

Où en est-on de la restructuration du Middle office ? Apparemment, les choses n'avancent pas aussi vite que souhaité... Les salariés ont bien été approchés il y a deux ou trois mois, certains continuent de l'être, mais un grand nombre demeurent aujourd'hui dans l'expectative et même l'angoisse d'un lendemain très incertain.

La direction nous confirme que les instances se verront présenter une information sur le sujet, au mois de juin, c'est-à-dire dans moins de deux mois, mais soyez assurés que vos élus ne rendront un avis qu'après avoir reçu suffisamment en amont toutes les informations nécessaires à la compréhension des enjeux et après avoir rencontré de nombreux salariés des centres de services et UTA. Hors de question, par conséquent, de rendre le moindre avis sans mesurer les conséquences sociales sur ce service.

Il nous est répété à longueur de réunions qu'il n'y aura pas d'impact social, mais rassurez-vous pas un élu ne le croit. L'impact social est bel et bien déjà mesurable si l'on sait qu'aucun contrat CDI nouveau n'a été signé depuis le mois de mars dernier, il y a plus d'un an, les partants se trouvant systématiquement remplacés par des CDD. Or l'on sait que la charge et la contrainte du poste de gestionnaire clients ne cessent de s'alourdir en fonction des avancées technologiques et surtout des impératifs clients (Pixid...). Faire toujours plus avec toujours moins mais jusqu'à quand ? Jusqu'où ?

Quant aux impacts sociaux, ils existeront forcément dans les cas, sans doute assez nombreux, où des salariés refuseront leur mutation vers un nouveau centre et il ne sera pour nous évidemment pas question de ne faire jouer que la seule clause de mobilité : ce n'est évidemment pas aux seuls salariés du M.O. de payer les choix et restructurations de l'entreprise.

Dès le mois prochains, vos élus passeront dans les centres de services vous rencontrer et discuter avec vous sur vos souhaits et les problèmes rencontrés dans ce grand remue-ménage.

Ne restez pas isolé(e)s, adhérez à la CFE CGC.

cfe.cgc.adecco@gmail.com

La semaine prochaine sur ce blogue :
L'été prochain, dansez "la restructurite"
Allons-nous vers un PSE ?


Zéro signature d'avenant 

jeudi 25 avril 2013

Vers la suppression de la carte Total

Il y une chose que l'on n'aime vraiment pas dans nombre de grandes entreprises, mais alors pas du tout, c'est de faire simple. Pourquoi, en effet, faire simple quand on peut faire compliqué ? Bonne et délicate question. Tenez, par exemple, prenez le cas de la carte Total. Son utilisation est facile, ultra-simple même. Aucune complication, aucune gestion pour le salarié et guère plus pour l'entreprise : aucun débours, aucune avance de trésorerie, aucune gestion administrative... Scandale ! Ça ne peut plus durer, cela marche beaucoup trop bien. Il faut changer et vite.

Il faut donc remplacer ce  mode opératoire un peu trop succinct par une formule, si possible, plus compliquée, plus lourde administrativement parlant et, si possible encore, le nec plus ultra, source de davantage d'erreurs. La "carte affaires", par exemple. D'un simple passage de carte Total dans un lecteur, à la station service, vous passez à un système informatisé dans Self RH, ce qui suppose bien entendu de prendre sur le temps de travail au bureau et, bien sûr, que le serveur ne soit pas en rade à ce moment-là. Puis vous saisissez les informations sur le nombre de litres de carburant, le parcours accompli et le nombre de kilomètres professionnels. Les questions sur la météo, le sens du vent et l'âge du capitaine nous sont, pour l'instant, épargnées. Le flicage kilométrique n'est pas loin et l'on devine déjà l'ombre de Big Brother se profilant discrètement à l'horizon. 

Au final, davantage de temps improductif, davantage de sources d'erreurs et davantage d'insatisfaction, sans parler du salarié qui se voit contraint de mélanger sur son compte bancaire dépenses personnelle et dépenses professionnelles. De plus, le débit différé pénalisera tous les salariés qui, pour une raison ou une autre, rempliront en retard leur note de frais ou pour lesquels la direction tardera à effectuer le remboursement. Ils découvriront alors les inconvénients et risques du métier de banquier : ils avanceront alors l'argent sur leurs propres deniers. Les Shadoks avaient raison et il est temps que Maître Yakafokon revienne sur ce blogue nous expliquer les choses.

Demain sur ce blogue :
"Middle office", où en est-on ?
Lundi :
Défendre nos salaires, c'est maintenant

Attention : signer son avenant c'est accepter, sans contestation possible, les nouvelles règles de calcul de part variable.

Zéro signature !

mercredi 24 avril 2013

Carole Couvert est élue présidente de la CFE CGC

Carole Couvert
Dépêche AEF n° 181702

Carole Couvert est élue présidente de la CFE-CGC, mercredi 17 avril 2013, au premier jour du 35e congrès confédéral de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). En succédant à Bernard van Craeynest, l'ancienne secrétaire générale de la confédération devient ainsi la neuvième présidente de l'organisation depuis sa création en 1944. Première femme à être élue, la candidate présentée par la fédération des IEG (Industries électriques et gazières) et soutenue par 13 fédérations, bat ainsi, sans surprise, François Hommeril présenté tardivement par la fédération de la Chimie et soutenu par la Métallurgie et la Construction.

Carole Couvert est accompagnée par Marie-Françoise Leflon, ancienne secrétaire nationale chargée de l'emploi, et Franck Zid, élus respectivement secrétaire générale et trésorier. Cette liste de direction confédérale est élue avec 59,7 % des suffrages, contre 40,2 % pour celle menée par François Hommeril.

« Nos adhérents nous attendent sur le fond des dossiers, il faut innover au service de nos adhérents », explique Carole Couvert. Parmi les “innovations“, elle propose de mettre en place un baromètre annuel sur « les entreprises d'avenir », dans lequel seront évaluées « la qualité de vie au travail, la rémunération ou encore la qualité du dialogue social », et au final remettre des « prix » aux entreprises. De même, au-delà de la « fondation de l'engagement citoyen » qui permettra de « régler la question des parcours syndicaux », elle propose de « créer, accompagner et soutenir les entreprises », par la création d'un « fonds d'investissement éthique », en partenariat avec d'autres fonds ou sur un principe de gestion paritaire. Carole Couvert souhaite dans le même esprit aider les salariés qui voudraient reprendre une entreprise.

La nouvelle équipe confédérale fait des jeunes et des retraités les cibles principales de la confédération, pour créer « un vivier de talents » avec les premiers et « fidéliser » les seconds. La communication demeure une priorité pour la nouvelle présidente : « Il faut imaginer un plan avec une vision et se poser la question [de notre] nom ! Il ne s'agit pas de changer notre identité mais de trouver un nom qui fédère le public et le privé », explique Carole Couvert qui avait oeuvré au rapprochement finalement avorté de la CFE-CGC et de l'Unsa.

RASSEMBLEMENT

« Il est hors de question de laisser quiconque sur le carreau », affirme Carole Couvert. « Nous sommes dans une logique a posteriori de travailler avec tout le monde », ajoute la nouvelle présidente confédérale qui rappelle qu'elle a proposé des postes au sein de l'équipe confédérale aux fédérations de la Métallurgie et de la Chimie, mais qu'elles n'ont pas donné suite.

Dans son discours de candidature, François Hommeril proposait de « construire ensemble une fraternité nouvelle, tourner la page et avancer ensemble ». Les neuf secrétaires nationaux et les seize délégués nationaux doivent désormais être renouvelés, jeudi 18 avril dans la matinée ; il y a douze candidats pour être secrétaire national et 25 pour devenir délégué national.

DÉPART DE BVC
De son côté, Bernard van Craeynest a expliqué en ouverture de ce congrès, « tourner une page après 30 années de syndicalisme CFE-CGC et 7 ans à la tête de la confédération ». Remerciant les congressistes de leur « engagement pour relever le défi » de la représentativité syndicale, il souligne que la CFE-CGC a « non seulement franchi le cap dans le catégoriel, mais qu'elle a aussi conquis la quatrième place » tous collèges confondus sur l'échiquier syndical, derrière la CGT, la CFDT et FO.

Le 29 mars dernier, le ministère du travail a communiqué les résultats des élections professionnelles sur la période 2009-2012 et la CFE-CGC recueille 9,43 % dans l'ensemble des collèges et 18,14 % dans le collège de l'encadrement, derrière la CFDT et la CGT. De même, Marc Vilbenoît, président confédéral de 1993 à 1999, félicite les élus rassemblés pour ce congrès d'avoir « vaincu ceux qui voulaient enterrer » la CFE-CGC.

PARCOURS DE CAROLE COUVERT

Née le 21 janvier 1973, Carole Couvert est élue secrétaire générale de la CFE-CGC, lors du 34e congrès de Reims en 2010, après avoir été secrétaire nationale confédérale en charge au « pôle cohésion interne » de l'organisation entre 2006 et 2010. Elle est membre du CES (Conseil économique et social) puis du CESE (Conseil économique, social et environnemental) depuis 2006. Carole Couvert vient de GDF Suez. 

Jérôme Lepeytre

 Source : AEF Information spécialisées

mardi 23 avril 2013

Pour tout savoir sur le contrat de génération

Donner leur place à tous les âges dans l’entreprise

3 objectifs majeurs
  • L’emploi des jeunes en CDI
  • Le maintien dans l’emploi ou le recrutement des seniors
  • La transmission des compétences et des savoir-faire

Pour quels employeurs ?

Tous les employeurs de droit privé (entreprises, établissements publics industriels et commerciaux de 300 salariés et plus)
Mais le contrat de génération est adapté à chaque taille d’entreprise
En effet, si le contrat de génération concerne toutes les entreprises, elles n’ont pas toutes les mêmes leviers en matière d’emploi, ni les mêmes capacités de négociation, la mise en œuvre du contrat de génération est donc différenciée selon la taille des entreprises…

Entreprises de moins de 50 salariés (même les entreprises individuelles)
Bénéficiez d’une aide de 4000€ par an et d’un appui conseil
Entreprises entre 50 à moins 300 salariés
Bénéficiez d’une aidede 4000€ par an, conditionnée à une négociation préalable, et d’un appui conseil
Entreprises de 300 salariés et plus
Négociez un accord Contrat de génération ou élaborez un plan d’action

Pour aller plus loin : pourquoi le contrat de génération ?

Pour assurer la compétitivité et la performance des entreprises en France
Promesse de campagne du Président de la République, le contrat de génération est issu d’un accord unanime des partenaires sociaux (accord National Interprofessionnel signé par toutes les organisations syndicales et patronales du 19 octobre 2012. Il s’inscrit dans la bataille pour l’emploi, priorité du gouvernement.

Ce consensus traduit l’importance de la gestion active des âges et de la transmission des compétences pour le dynamisme de l’économie française, pour préserver l’expérience et les compétences dans nos entreprises, et intégrer les nouvelles compétences qu’apportent les jeunes.
Le contrat de génération permet d’anticiper les nombreux départs et arrivées sur le marché du travail d’ici à 2020 : 600 000 départs par an en moyenne et l’entrée de plus de 700 000 jeunes par an sur le marché du travail.

Source : travail-emploi.gouv.fr

lundi 22 avril 2013

De vraies questions sur le "Middle Office"

Les salariés des services supports ou services mutualisés, dénommés Middle Office, ont souvent le sentiment d'être les grands oubliés de la restructuration en cours. Ils n'ont même pas eu le droit, malgré nos demandes répétées et insistantes, de bénéficier des conditions du Plan de départ volontaire, pas plus qu'ils ne s'inscrivent dans le cadre d'une GPEC dont l'accord devait être revisité depuis le mois de juillet dernier... et qui n'est toujours pas, à ce jour, en cours de négociation.

Nous tenons à préciser que nous défendons constamment leurs intérêts, convaincus de la difficulté de leur situation générée par une diminution considérable du nombre de centres prévue pour cette année. Sans parler de la suite prévisible... En témoigne l'ordre du jour pour le Comité d'établissement Ouest-Nord qui se tiendra demain, mardi 23 avril, à Paris et dans lequel les élus, appuyés par leurs experts, posent 5 questions essentielles dont le contenu nous a été fourni par un certain nombre de salariés : 
1.     A ce jour, combien de rapprochements physiques de centres de services ont été réalisés pour le périmètre Ouest-Nord ?

2.     A ce jour, quels ont été les rattachements managériaux concernant les Centres de services du périmètre Ouest Nord ? Les rattachements managériaux augurent-ils des futurs rapprochements physiques ?

3.     Quel est le calendrier de déploiement de l’organisation-cible des activités du Middle-Office du périmètre Ouest-Nord ? A-t-il été révisé ? Si oui, pour quelles raisons ?

4.     Pourquoi le poste de RRMO IDF, qui était dans la base Evolution et sur lequel il y a eu des candidatures, a été supprimé ? Est-ce un changement dans la stratégie de déploiement du projet Middle Office ? De ce fait, comment est organisée la ligne managériale pour l’IDF concernant le Middle Office ?

5.     Concernant le périmètre Ouest Nord, sur quelle base est calculée la rémunération variable pour le Middle Office ?

·         Y a-t-il eu des changements opérés depuis janvier 2013 ? Si oui, lesquels ?

·         Des changements sont-ils prévus ? Si oui, lesquels et à quelle échéance ?
Les salariés des Centres de services qui souhaitent connaître les réponses à ces questions peuvent tout simplement nous les demander à l'adresse suivante. Il leur suffit de nous adresser leur demande par courriel en mentionnant leur adresse de messagerie personnelle sur laquelle nous répondrons :

vendredi 19 avril 2013

Le Comité Central d'Entreprise assigne Adecco en justice

Dernière minute...

Aujourd'hui arrivent les premières assignations en justice pour des procédures lancées par le CCE, concernant les rapprochements d'agences n'ayant pas fait l'objet d'information aux instances et le Middle Office.

Des informations plus précises la semaine prochaine

Le Groupe Adecco en France publie son premier rapport de responsabilité sociale et environnementale (RSE)

Découvrez la politique RSE du Groupe et les nombreuses initiatives des Bu’s visant à améliorer notre impact social, sociétal et environnemental.
 Le Groupe Adecco en France s’engage à agir de façon toujours plus responsable, en matière sociale, sociétale et environnementale.

Ce premier rapport RSE dresse un bilan des réalités auxquelles nous sommes confrontés, des solutions que nous mettons en œuvre, et des engagements qui sont les nôtres en matière de responsabilité sociale.
Parce que notre responsabilité se joue chaque jour, nous souhaitons mieux rendre compte de nos objectifs et de nos avancées à l’ensemble des parties prenantes ( collaborateurs permanents et intérimaires, candidats, clients, institutionnels, associations…)  avec lesquelles nous travaillons chaque jour. Dans une perspective d’amélioration continue, ce rapport sera actualisé plusieurs fois par an.

Le Rapport RSE du Groupe Adecco se décline en  5 grands thèmes :
- Donner à tous un égal accès à l’emploi
- S’engager pour la sécurité
- Sécuriser les parcours professionnels
- Porter le changement dans la société
- Se mobiliser pour l’environnement

Ces chapitres correspondent aux trois priorités RSE du Groupe, et à l’engagement sociétal et environnemental, qui sont d’autres dimensions de la RSE auxquelles nous sommes attentifs.


Source : groupe-adecco.france.fr

Lundi sur ce blogue :
De vraies questions sur le Middle Office

jeudi 18 avril 2013

Maître Yakafokon n'a pas, mais alors pas du tout, apprécié la grève

Nos lecteurs habituels connaissent bien maintenant Maître Yakafokon, le raisonneur omniscient ayant réponse à tout et pour lequel "il n'y a qu'à", "il faut qu'on" et "il suffit de" tiennent lieu de raisonnement universel. 

Récemment encore (le 1er mars dernier), il était
venu nous expliquer comment prospérer aisément en période de crise dans une entreprise passablement affaiblie par des réorganisations et des plans sociaux en rafales.

Le 9 avril, jour du mouvement national historique chez Adecco, nous avons surpris, à son insu, une conversation qu'il tenait avec Jean Serrien, son fidèle collaborateur.

J.S. : Maître, Maître, c'est affreux, les salariés ne se sont pas présentés aujourd'hui au travail. Ils disent qu'ils font grève... ils semblent très en colère.

Maître Yakafokon : Grève ? Quelle drôle d'idée ! Que veulent ces gens ?

J.S. : Maître, ils disent vouloir défendre leur salaire et surtout la partie variable de leur rémunération. Ils pensent qu'elle est menacée par les nouvelles tambouilles de Zurich.

Maître Yakafokon : Mais enfin qu'ont ces salariés à toujours se soucier et ne parler que d'argent ? Est-ce que je m'intéresse à l'argent moi ?

J.S. : Hum... (silence et sourire gêné).. c'est-à-dire que vous-même, Maître... euh...ne devez point connaitre de problème de...

Maître Yakafokon : Suffit impertinent ! Vous croyez que ça m'amuse moi de gagner de l'argent ? Qu'ai-je à faire de cet argent ? Hein ? Vous pouvez me le dire ? Vous voulez que je vous dise ? Eh bien j'aurais plutôt voulu être un artiste... la bohème, la misère joyeuse, les soirées entre déjantés autour d'une bouteille de jaja (13°), la rue, la guitare grattée entre amis autour d'un feu, la zone et sa liberté... Hum... revenons à ce que vous appelez grève. Sont-ils nombreux à déserter ainsi leurs agences ?

J.S. : Euh... oui Maître... rien à voir avec les grèves précédentes... Cette fois c'est une révolte. Ils disent que la contribution totale va leur ôter toute rémunération variable et qu'ils vont se retrouver au fixe... Certains prétendent même gagner moins qu'il y a dix ans.

Maître Yakafokon :  Fadaises que tout ça... Yzonka penser à autre chose qu'au fric. Satanée bande d'ingrats ! Yzonka développer 50% de business en plus et ils conserveront leur rémunération. Leur avez-vous dit ?

J.S. : : Bien sûr, Maître, mais ils disent que développer 50% de business en plus pour obtenir le même salaire, c'est vraiment trop difficile par les temps qui courent.

Maître Yakafokon : Leur avez-vous dit aussi qu'avec ma générosité pathologique, je leur garantis en 2013, 70% de la part variable qu'ils ont perçue en 2012 ? Je me saigne pour des feignasses qui ne font que geindre sur leur sort et en vouloir toujours davantage.

J.S. : Oui, votre Magnanimité, mais certains radins maladifs affirment que cela leur fait quand même perdre 30%... et qu'ils n'ont rien fait pour mériter pareil châtiment. Sans compter qu'en 2014, quand cessera votre dispendieuse générosité, il ne leur restera que leurs yeux pour pleurer.

Maître Yakafokon : Yaka leur dire de développer des nouveaux clients et d'augmenter largement leurs prix et de mieux gérer avec moins de personnes dans les agences...

J.S. : Ils savent tout cela, votre Magnificence...

Maître Yakafokon : Mais alors que veulent-ils à la fin ?

J.S. : Ils parlent de juste rétribution de leur travail, de reconnaissance, de motivation et de la nécessaire carotte qui fait avancer...

Maître Yakafokon : Carotte... carotte... j'vais leur en mettre une de carotte mais ils vont voir où... (rire sardonique). Tout ça, ce sont des fadaises, des billevesées... L'important c'est de complaire à nos bon maîtres de Zurich, eux à qui nous devons l'eau que nous buvons et l'air que nous respirons...

J.S. : Bien sûr, Maître, bien sûr, mais ne pourrait-on quand même faire un geste et modifier quelque peu le calcul qui les désavantage tant ? C'est qu'ils ont des familles, des projets, une carrière...

Maître Yakafokon : Deviendriez-vous communiste, Serrien, par hasard ?

J.S. : (visiblement terrorisé) Oh, Maître, comment pouvez-vous... ?

Maître Yakafokon : Sont-ils donc nombreux à faire ce que vous appelez grève ?

J.S : Hélas, oui votre Sérénité, nos fidèles relais parlent de près de la moitié des salariés. Plus de 90% dans certaines régions... Des centaines d'agences fermées... Cette fois, la révolte gronde...

Maître Yakafokon : Comment ? Comment est-ce possible ? Mais vous m'avez toujours affirmé que la plupart d'entre eux accepteraient toujours tout sans broncher... que la revendication ne les habitait point et que la passion au cœur suffisait à les nourrir... M'auriez-vous menti Serrien ?

J.S :  Oh ! jamais je n'aurais osé mon bon Maître... Comment pouvez-vous penser une seule seconde... ? Disons que les temps ont changé et que nombreux sont ceux qui estiment, bien à tort, bien entendu, que trop c'est trop...

Maître Yakafokon : Yzonka aller bosser ailleurs ces flemmards !

J.S : Oui Maître, bien sûr, mais il nous faudra bien en conserver quelques-un quand même. Nous en avons déjà perdu plusieurs milliers et des centaines d'autres ne pensent, le jour comme la nuit, qu'à quitter leur poste pour un horizon plus serein.

Maître Yakafokon : Finissons-en avec cette conversation qui m'exaspère et écoutez bien ce que je veux que vous leur disiez. Pour gagner sa vie chez Adecco, c'est extrêmement simple : Yaka développer les parts de marché, piquer les client aux concurrents, vendre beaucoup plus cher, être mieux organisés, manager plus finement, écraser définitivement la concurrence, revaloriser les clients, les très gros, les gros, les moyens, les petits, raccourcir les délais de paiement, arrêter de bouffer le midi, travailler plus tard le soir... et j'en oublie sûrement. Vous leur direz tout cela, n'est-ce-pas ?

J.S : Oui, Maître, comptez sur moi

Maître Yakafokon : Allez Jean Serrien, disparaissez, le temps presse. La conquête nous attend. Zurich l'exige !

J.S. : Oui Maître.